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"Sarah Schulman décrit avec précision et engagement le « remplacement d’une communauté par une autre » et le processus de gentrification qui toucha ces quartiers concomitamment à la crise du sida. Elle fait revivre pour nous le Lower East Side qu’elle a connu."

➡️ Arpentage de "La gentrification des esprits" de Sarah Schulman.

✨ Jeudi 27 janvier de 18h30 à 22h (avec une grosse pause au milieu), en visio. ✨

Inscription à prix libre :
dérivation.fr/evenement/arpent

Fuck le genre : quel objet mathématiques êtes vous ?

(Ouais c'est le genre de question qui ressort quand on parle genre avec @gabylc et que je suis toujours tristesse d'avoir appris ce matin que le troisième tome de trilogie de l'hexarcat de Yoon Ha Lee ne sortira jamais en français faute d'un nombre suffisant de lectaires TT.TT)
Bref : Je suis i, Gab est √2, et vous ?

Shitpost politique 

Beaucoup de gens : *N'ont plus confiance en le gouvernement à cause de ses mensonges répétés et de ses politiques répressives. Se sentent manipulés et contraints. Deviennent réceptifs à des théories du complot de type antivacc.*
Le gouvernement : Ben fastoche, si les gens sont récalcitrants à faire ce qu'on veut, on a qu'à cesser de faire l'effort de communiquer et mettre en place des politiques que l'on qualifie nous-mêmes de "pour emmerder les non-vaccinés". Résoudre une crise causée par le mensonge, la répression, la manipulation et la contrainte en faisant encore plus de déclarations mensongères, de politiques répressives, de tentatives foireuses de manipulations électorales et de contraintes non expliquées... What could go wrong ?

😒​
[Parenthèse sérieuse : Franchement, la vaccination c'est important. Et il faut déployer des moyens pour pousser les gens à y recourir. Mais ces moyens c'est avant tout une bonne communication, une volonté d'en appeler à la responsabilité individuelle. Si les gens ne se vaccinent pas, et dans la mesure où on ne veut pas devenir un état totalitaire, la première question a se poser c'est pas "comment les forcer ?" mais "qu'est-ce qui les bloque ?". Ensuite on peut identifier le vrai problème et s'atteler à la résoudre. Vrai pb qui n'est pas "certaines personnes ont des doutes" mais "ces doutes sont instrumentalisés par des complotistes avides de fric et/ou désireux de promouvoir leur courant de pensée fachistes". Apparaît alors que la solution ce n'est pas "emmerder les non-vaccinés" (déjà dans les non-vaccinés y'en a qui aimeraient bien l'être mais peuvent pas pour raisons médicales) mais "prendre les doutes au sérieux et se montrer à la hauteur" ! >Prendre des vraies mesures utiles t'sais : rouvrir les lits d'hôpitaux qu'on a continué a fermer pendant la crise, faire pression pour la levée des brevets sur les vaccins, installer une aération correcte dans les écoles, soutenir économiquement les personnes mises en quarantaine, you name it.]

By the way : si "les irresponsables ne sont pas de vrais citoyens", alors Macron (qui insulte les gens qu'il est sensé servir et agrave les pb qu'il est sensé régler) n'est plus citoyen français. Du coup, dans la mesure où faut la citoyenneté pour obtenir un post présidentiel, est-ce qu'on peut prendre la déclaration de Macron comme une auto-destitution ? 🙃​

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Bonjour le Fédiverse !

Après quinze ans d’expérimentations, de concentration et de joyeux travail, le roman de Subtil Béton sort en librairie !

✨ Le jeudi 20 janvier 2022 ✨

En attendant de l'avoir en main, voici la couverture :mtgR:

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ma #vendredilecture est "Lecture facile" de Cristina Morales chez Denoël trad de l'espagnol par Margot Nguyen Béraud.
"Ce livre(...)est une charge féroce et drolatique contre le machisme, contre l'oppression, contre l'injustice.(..) un roman qui célèbre le corps et la sexualité, le désir, la dignité de celles et ceux qui sont marqués par les stigmates de ma "différence" et le pouvoir révolutionnaire du langage."
(Extrait de la 4ème de couv).

#lecture #comitélecteurs #bib

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#vendredilecture

"Melmoth furieux" de Sabrina @sabrina Calvo, *enfin* ! Plus vraiment de la lecture, à ce stade d'intimité, mais du tricot dans la ville, les livres, les songes partagés. Plus que le Corbu de "Sous la colline", bien plus que dans la Montréal de "Toxoplasma", Belleville hante mes rêves. Je connais Fi depuis longtemps, & les affects qui nourrissent le bouquin. C'est enfin un écho aux "Minuscules flocons de neige" de ma jeunesse. Je suis bien, là. Pas très envie d'arriver au bout.

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⚡​ SCIENCE-FICTION FÉMINISTE : DE L'INVISIBILISATION À LA REDÉCOUVERTE

✨​ Le 6 janvier à partir de 19h !

En partant du travail de traduction, par luvan et Léo Henry , de textes inédits en français de l’écrivaine Karen Joy Fowler, cette soirée se propose de revenir sur toute une génération d’auteurices de SF ayant profondément influé sur les imaginaires politiques de la science-fiction, et dont l’œuvre a été profondément ignorée en France.

Si Ursula K. Le Guin nous apparaît désormais comme une autrice incontournable, elle n’est pas la seule autrice de son temps à avoir empreint ses récits d’une vision politique et féministe. Parallèlement à ses écrits, dans son sillage aussi, c’est toute une génération d’auteurices de SF qui a essaimé des années 60 aux années 90 aux États-Unis, avec des romans, essais et nouvelles souvent considérés comme cultes outre-atlantique.

Aux côtés de Léo Henry et luvan, qui évoqueront leur attachement à l’œuvre de Karen Joy Fowler et l’impérieuse nécessité qu’il y avait à faire connaître ses textes, Clara Pacotte et Charlotte Houette, fondatrice de l’EAAPES, partageront leurs travaux de recherche autour des liens – amicaux, littéraires, politiques, militants – qui unissaient ces défricheur.se.s de l’imaginaire.

Une séquence de lectures croisées – extraits de nouvelles, sélections de lettres et d’échanges – permettront d’appréhender la force et l’originalité vertigineuses de ce « mouvement » littéraire à part entière, et de se réapproprier cette histoire oubliée de la science-fiction queer et féministe...

👉​ Le lien vers la page de la rencontre > lavolte.net/science-fiction-fe

Nota : une captation de la soirée est prévue ;)

Avis serie Arcane (TLDR : c'est très bien... sauf Jinx) 

J'ai regardé la série Arcane et y'a vraiment pleins de points positifs. Déjà visuellement, c'est vraiment cool : je trouve qu'on n'a pas l'habitude de ce genre de 3D. Autant en animation 2D et stop-motion y'a plein de film qui essaient pleins de design, autant l'animation 3D me semble très largement dominée par Disney-pixar et ses look tout rond (+ toutes les series pour enfant de Bob le bricoleur à Miraculous Lady bug, qui ont aussi des design enfantin : grosse tête avec des gros yeux expressifs et des bouilles mignonnes). Là on a des traits beaucoup plus mâtures, avec des proportions réalistes, des effets de texture fort chouettes. Visuellement ça m'évoque plus+ des jeux vidéos que d'autres films/séries (sauf que c'est un film et que donc tout est parfaitement mis en scène et cadré) et ça fait plaisir à voir. En vrai c'est aussi logique : la serie est adapté de League of Legends donc elle part avec des design de perso déjà bien établi > je dirais qu'à mon sens le character design en jeu vidéo est, par nécessité, souvent plus poussé qu'en film : pendant les phases de jeux (autre que choix multiple ptet ?) l'essentiel de l'histoire va passer par le visuel (là où dans les films il y a tous les dialogues et la mise en scène pour faire passer des émotions et faire comprendre à quel type de perso on a affaire). Bref c'est très beau + ça change de ce qu'on a l'habitude.
Question histoire, on a un cadre politique où la ville de Piltover est divisée entre la riche haute ville (où les gens vivent déconnectés des réalités, au début de la série l'essentiel des débats de leur conseil de sage est de type "pour ou contre le progrès ? J'veux dire ok ça pourrait régler qq problèmes technique mais ça pourrait aussi mal tourner ?", ensuite ils decident de poursuivre le progrès, notamment en trouvant comment exploiter des germes magiques, et les magouilles politiques font qu'ils se retrouvent à créer des armes) et la basse ville (où les gens vivent dans la pauvreté, divisé entre ceux qui veulent faire la guerre a la haute ville pour réclamer leur indépendance et ceux qui connaissent le prix de la guerre et refusent de le payer. Ajoutez que le gars qui veut l'indépendance est un chef mafieux qui vend une drogue qui transforme les gens en monstres).
Ce que j'aime bien, c'est qu'au milieu de tout ça, chaque personnage à un développement intéressant : non seulement en terme de back-story, mais aussi dans leurs opinions. Il n'y a pas deux camps mais une réelle complexité de visions du monde qui se télescopent.
Enfin... sauf en ce qui concerne le personnage de Jinx, qui est pour moi le gros point noir de la série.
On la rencontre quand elle est gamine (et qu'elle s'appelle encore Pauder) et qu'elle sillone les rues avec sa sœur Vi (elles sont orphelines, leurs parents ayant éte tué par les pacifieurs, aka la police, lors d'une précédente révolte de la basse-vill) et qq autres enfants de la basse ville. Problème : elle est plus jeune que les autres, ne sait pas se battre, et fabrique des genres de bombes qui marchent jamais, si bien qu'elle se tape une réputation de poisseuse (Jinx donc). Ce jusqu'au jour où une de ses bombes fonctionne et cause la mort de la moitié de ses amis. Sa sœur, en deuil, et vénère et l'engueule. Sauf que pas de bol : alors qu'elles sont séparées, Vi se fait arreter et, se croyant abandonnée, Jinx se jette dans les bras de Silco le mafieux.
Une fois grandie (y'a une ellipse de plusieurs années que Vi passe en taule avant d'être libéré un peu par accident par une pacifieuse de la haute pleine de bonne intentions) elle est pleine de trauma, entend des voix, et est la parfaite illustration du perso féminin chaotique sexy : qui fait n'importe quoi, est dangereuse (elle fait des bombes qui explosent now et elle tire sur tout ce qui bouge, y compris ses alliés), se comporte tantôt comme une femme sexy tantôt comme une gamine, travaille pour le méchant et ne prend jamais les bonnes décisions. En vrai : je vois tellement les ficelles de ce truc. Évidemment elle est touchante, on la suit depuis qu'elle a sept ans, mais du coup, ça dispense totalement les scénaristes de lui faire faire des choses intelligentes. En fait, plus ses actions sont bêtes plus on augmente l'empathie like "oh non elle a encore fait n'importe quoi alors que y a sa sœur qu'elle vient de retrouver et qui ne desire qu'une chose : l'aider". Jinx, au delà d'être un cliché ambulant de la folle-dangeruse (faut arrêter avec ce troppe un moment), est le seul perso de la série qui n'a pas de moteur à ses actions. Enfin : elle voit que sa sœur est proche de la pacifieuse qui l'a libérée et elle est... jalouse ?? Pourquoi ? (J'ai pensé "ptet parce que c'est une pacifieuse ?" Mais non : elle bosse pour Silco qui travaille avec un pacifieur donc ?? Juste elle a l'impression d'être remplacée mais ça sort de nulle part. Vi considère pas Caytlyn comme sa sœur, elles sont amies/flirts, et Jinx a pas de pb avec les autres ami.es de Vi).
Et non seulement ça mais aussi les actions des autres personnages vis a vis de Jinx n'ont pas de sens : on comprend pas pourquoi Silco s'attache à elle (au point de toujours chercher a se débarasser de Vi ou de se mettre en tension avec tous ces autres collaborateurs ou de renoncer à son rêve ??).
J'ai l'impression que Jinx n'est pas un personnage : c'est un élément perturbateur ambulant. Au cas où les scénaristes ont besoin que quelqu'un fasse un truc merdique, Jinx peut s'en charger sans besoin de trouver une justification (si c'est trop incohérent : lui donner une halucination et elle le fera par accident, la pauvre).
Bref j'ai quand même envie de voir la suite mais ouais : Jinx m'a saoulé

Reco docu sur les antivacc 

On m'a recommandé plusieurs fois ce documentaire arte "planète antivax" qui est effectivement très bien m.youtube.com/watch?v=HpUVJcKB. Il est question du mouvement antivax pré-covid. En fait, l'histoire commence avec Andrew Westfield il y a 30 ans : à l'époque, il publie un article dans une grosse revue scientifique concluant que le vaccin ROR causerait l'autisme. En fait, il est très vite révélé qu'il a été payé pour produire de tels résultats et qu'il a sciemment truqué les chiffres (les enfants autistes sur lesquels s'appuie son article avaient en fait été diag avant d'être vaccinés, d'après leur dossier médical. De plus des études statistiques réalisées ensuite ont montré qu'il n'y avait pas plus d'enfants autistes chez les vaccinés que chez les sans-vaccins). Westfield est radié de l ordre des médecins britannique. Sauf qu'au lieu d'aller se planquer, il part aux US et persiste. Le truc c'est que : si l'autisme est causé par des vaccins, alors c'est possible de le soigner. Et là il y a de l'argent à se faire. Entre les pseudo-traitements (y compris des trucs super dangereux de type : gifler son enfant ou bien lui faire boire de la javelle pour "le desinfecter") et les séminaires payants, y a des gens qui s'en mettent plein les poches (en jouant sur leur position particulière : a la fois ex-medecins ou pseudo-medecins (on voit une homéopathe leader du courant antivax en Allemagne) ils ont un argument d'autorité tout trouvé, à la fois radié ils peuvent jouer les "lanceurs d'alerte censurés").
Le documentaire montre comment le discours antivax repose sur l'exploitation des peurs, comment il raconte des histoires (qui, bien qu'anecdotiques, sont bien plus parlantes que des chiffres que la plupart des gens ne savent pas lire), il exploite aussi la méfiance vis a vis des gouvernements, de la médecines (parce que les médecins ne sont pas toujours à l'écoute) et de l'industrie pharmaceutique.
Ensuite seulement arrive le covid : la vaccination devient le cœur des discussions et cela permet aux antivax de recruter encore plus (et de vendre leur merde : le gars qui vendait de l'eau de javel aux autistes s'est mis a en vendre aux malades du covid par ex).

Je trouve que le docu est très complémentaire de cette autre vidéo qui parle du lien entre les théories antivax et l'antisémitisme youtube.com/watch?v=A2mEuwSaBV (je peux pas vous détailler les TW de celle là car je l'ai regardé y'a un moment mais elle est hard-core)

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Nazisme et mythe d'un seul grand manipulateur 

Cette idée que Hitler était extrêmement convainquant et a mené seul l'Allemagne dans le génocide et la guerre, c'est tellement une manière pratique de faire croire que c'est la faute d'un seul homme si le nazisme, mais au delà de ça, l'antisémitisme a été et demeure.

C'est partir du contrat réel qu'il était un bon orateur complètement possédé par sa haine, pour ensuite dire que finalement personne d'autre que lui et avant lui n'était nazi et antisémite.

Que finalement même ses pires lieutenants donc beaucoup ont été récupérés par les Alliés n'oublions pas, n'étaient que des manipulés par sa cause.

Comme si les individus n'étaient que des agents déterminés par Hitler, et n'ont jamais un instant de volonté propre alors qu'ils commettaient les pires actes.


Hitler n'a été qu'au bon endroit au bon moment, et a pu être propulsé par les bons soutiens au dessus de tout les autres, parfois avec une chance insolente (je pense notamment à tous les attentats ratés envers lui, ou encore ses erreurs politiques et militaires rattrapées par fois juste par le hasard de la chance).
L'argent aussi. Confère l'affiche "Milionen stehen hinter mir", dénonçant le soutien des bourgeois et industriels, et toute la classe politique capitaliste à Hitler.

Les soutiens étaient nombreux et le sont toujours.


Et pour faire un lien avec l'actu : Zemmour n'est Zemmour que parce qu'il a été hissé ou il en est par la classe capitaliste contrôlant les médias de masse, et via l'océan autrefois relativement silencieux mais aujourd'hui en tempête de ses soutiens parmi vos familles, collègues, voisins, ami-es etc.

Ce sont les gens normaux qui font le gros du façonnement des grandes icônes monstrueuses et génocidaires de notre histoire.
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Le 6 janvier, on sera aux Mots à la bouche avec Clara Pacotte, Charlotte Houette & luvan, pour causer de la SF féministe états-unienne de la fin du 20è siècle, peu traduite & connue en France. Venez donc !

lavolte.net/science-fiction-fe

Reco série "Dopesick" (long, enfin la série fait 9 épisodes mais mon post est long) - TW Addiction, drogue, plein de cachets sur l'image 

J'ai regardé la série Dopesick et c'est vachement bien. Ça parle de la crise des opiacés aux états-unis autour du médicament "oxycontin" (à base d'oxycodine) commercialisé par Purdue Pharma à la fin des années 90.
On suit plusieurs personnages sur plusieurs temporalités : des dirigeants de la famille Sackler qui possèdent Purdue Pharma à une jeune mineuse lesbienne qui devient accro après qu'on lui ait prescrit de l'oxycontin pour gérer une douleur causée par un accident de travail, en passant par son médecin, le commercial ayant promu la molécule auprès du-dit médecin, une employée de la DEA ayant tenté une première fois de faire tomber Purdue Pharma autour de l'an 2000, et deux procureurs qui ont, quelques années plus tard, tout fait pour s’attaquer pénalement aux Sackler.

Une grande force de la série pour moi c'est qu'elle est pas manichéenne. Je veux dire : souvent un reproche que je fais aux œuvres qui dénoncent le système, c'est qu'elles sont tant en colère qu'elles échouent à rendre réalistes les motivations des antagonistes (dont on ne comprends pas les motivations et qui apparaissent comme des caricatures genre "Sauron en costard"). Là tous les personnages sont crédibles, et la plupart sont pleins d'ambiguité.
- On voit bien par exemple comment les commerciaux se mentent à eux-même. Quant aux Sackler, ils sont à la fois totalement déconnectés des réalités dans leur bulle de fric (et leurs décisions font sens via le prisme déformant à travers lequel ils voient le monde). Ils ne pensent qu'au profit et en même temps, ils ont tellement d'argent qu'il ne signifie plus grand chose, et ils sont libres de se voir comme les philanthropes qu'ils ne sont pas.
- Point extrêmement important aussi : les personnages qui sombrent dans l’addiction sont toujours présentées comme des victimes (et potentiellement comme des boucs émissaires), jamais comme des losers.
- J'aime bien aussi qu'on nous montre des personnages (comme le médecin) qui ne sont absolument pas véreux, qui veulent vraiment bien faire, mais qui malgré tout commettent des erreurs et doivent ensuite les reconnaitre et vivre avec leurs conséquences.
- Aussi je trouve intéressante l'évolution de certains personnages comme les parents de la mineuse lesbienne qui, d'abord très homophobes, font ensuite tout pour tenter d'aider leur fille dans son addiction.
Bref il n'y a aucun personnage qui est présenté comme "intrinsèquement mauvais parce que c'est dans la nature humaine d'être des trou du cul".

L'autre piège dans lequel tombent beaucoup d’œuvres qui se veulent sans concession, est celui d'oublier la raison même qui fait que les mensonges se propagent : ils ont un fond de vérité qui font que les gens, sans être ni bêtes ni méchants, ont envie d'y croire.
La série nous montre que la stratégie de Purdue reposait sur un argumentaire de type "il faut prendre en compte les douleurs chroniques" (ce qui est vrai) et qu'ainsi, ce qui donnait de la puissance à Purdue était le fait que les gens VOULAIENT qu'on leur prescrive de l'oxycontin.

De le même manière la série fait très attention à s’attaquer au vrai cœur du problème (la publicité mensongère et la corruption) plutôt que de tout rejeter en bloc : en effet, il aurait été contreproductif de rejeter tous les opiacés : comme la série l'explique, ils peuvent s'avérer utiles pour traiter des douleurs aiguës (il est mentionné à plusieurs reprises que Purdue s'est appuyée sur la bonne réputation de son précédent comprimé à base d'oxycodone, prescrit pour les soins palliatifs du cancer, pour promouvoir l'oxycontin). Le problème ici, ce n'est pas la molécule en elle-même, c'est toute la publicité mensongère qui a été faite autour, affirmant qu'elle n'était pas addictive alors qu'elle l'est très fortement (comme tous les autres opiacés), c'est la corruption des membres de la FDA (chargée de valider les notices de médicaments aux USA) qui a permis que soit approuvée la mention "non addictif" à la base.

De manière générale, je dirais que parler de santé requiert toujours un haut degré de subtilité : pour dénoncer les dérives de la médecine (qui a ses biais, validistes ou raciste ou sexiste, et qui est exercée par des gens qui ont une autorité symbolique dont il est trop facile d'abuser) et de l'industrie pharmaceutique (qui recherche le profit), sans rejeter ni la médecine ni l'industrie pharmaceutique dont nous avons besoin pour nous soigner, ce qui nous ferait tomber dans les théories du complot (de type antivacc ou anthroposophique ou whatever, vous-même vous savez).

Bref je ne sais pas si c'est parce que la série est adaptée de fait réels (et s'appuie sur le livre "Dopesick : Dealers, Docteurs, et la compagnie pharmaceutique qui ont rendu l'Amérique accro" écrit par Beth Macy), mais vraiment j'ai trouvé le résultat très juste. Je recommande.

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Binge-lu "Se perdre" d'Annie Ernaux, retranscription de son journal intime sur la période correspondant à son roman "Une passion simple". C'est affreux & beau, inquiétant, aussi, ça échote avec ma propre pratique de diariste, avec le lien entre cette écriture & toutes les écritures. C'est un livre très cru, brûlant & noir sur le désir, le sexe, l'aliénation. Ce que fait Ernaux est tout à fait remarquable, même quand c'est impossible à aimer. Je veux lire tout le reste.

#vendredilecture

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really enjoying the Wayfairer series by Becky Chambers. awesome writing, a fun story, fantastic worldbuilding...and a genuine focus on diversity. what are you reading?

J'ai vu le film "I care a lot" et euh... jsp ? - TW mises sous tutelle (et spoiler, et long) 

En vrai ça parle d'arnaque à la tutelle, et je trouve que c'est un sujet intéressant (et dont on a pas mal entendu parler avec l'affaire freeBritney). Sauf que du coup ça me semble pas aller tout à fait assez loin, parce que ça parle des personnes âgées riches qui se font arnaquer pour leur argent par des tuteurs professionnels. Mais en vrai la tutelle c'est pas "une bonne idée avec des dérives hélas", c'est une idée de merde par principe (ca consiste à priver des gens de toute forme de liberté, je vois pas comment on peut croire que c'est un bon plan, en dehors du fait qu'on a des préconceptions validistes, j'veux dire).
Also la bande annonce parlait "d'humour noir" mais j'ai pas trouvé que c'était drôle, même d'un pdv sarcastique. C'est plus un thriller en fait. Au début on rencontre une tutrice pro qui nous explique que "les gens biens ca existe pas, la déontologie c'est un truc inventé par les riches pour que les pauvres restent pauvres, et moi je serai une lionne, pas un agneau" (ce qui est une position de merde mais bon c'est la méchante donc normal) et ensuite je m'attendais à ce que les personnes qui mettent à mal son business soient des gens outrés par ses actions. Mais en fait non, c'est juste qu'elle s'est attaquée à la mère d'un mafieux. Du coup le combat c'est entre deux formes de criminalité. Et à la fois c'est intéressant... à la fois du coup ça permet au film de se concentrer uniquement sur l'action, sans ce soucier de ce qu'il raconte politiquement en dehors de la prémisse et de la conclusion.
D'abord, il faut savoir que la tutrice est lesbienne (enfin elle a une liaison amoureuse avec sa collaboratrice), et je me suis demandé si ça entrait dans le trope du "gay vilain", genre elles ont l'air plus menaçantes parce qu'elles peuvent faire arnaquer le monde sans l'aide d'un mec. Et : y'a un peu de ça oui, mais (et c'est ptet parce que je suis queer), j'ai l'impression qu'à d'autres moments c'est pour nous faire entrer en empathie avec elles qu'on nous les montrent en couple : elles sont là, elles se soutiennent l'une l'autre, elles survivent chacune à une tentative d'assassinat, et puis en face d'elles de toute façon c'est des mafieux donc on n'a pas vraiment de raison d'être dans un camp en particulier, dans les deux cas le "mal" l'emporte (et la seule personne âgée potentiellement sauvée et la mère du mafieux, personne d'autre).
C'est en ça que je dis que le film, en se centrant sur l'action, peut presque oublier son propos : Le tutrice et sa meuf font des arnaques à la tutelle mais elles pourraient faire de de la fraude fiscale ou des détournements d'aides humanitaires ce serait pareil : au sens où ça parle pas tellement de ce que sont les tutelles, ça parle de ce qu'est la criminalité... Et ça en parle pas si bien que ça > Les deux cerveaux criminels antagonistes sont issus de minorité (la tutrice est lesbienne, comme je l'ai dit, et le mafieux est de petite taille). Et bon : en vrai c'est cool qu'on puisse aussi avoir des perso LGBT ou handi qui soient des connards, mais là on se demande si les deux antagonistes ne sont pas devenus criminels *parce que* iels étaient à la marge (dans son discours du début la tutrice lesbienne nous explique qu'elle a connu la pauvreté, et que ben voilà elle fait ce qu'elle peut pour survivre) (alors qu'en fait c'est surtout l'impunité qui permet au crime d'exister, ce que le film montre bien à d'autres moments).
A la fin, les deux antagonistes (la tutrice et le mafieux) reconnaissent les qualités de l'autre et décident de faire affaire pour arnaquer ensemble à plus grande échelle, et créer un consortium d'entreprises de tutelles, avec l'idée que certes iels se détestent mais que comme iels projettent de faire leurs sales affaires ensemble, la confiance viendra. La tutrice devient ultra riche, dans les 40 PDG de moins de 40 ans les plus influent.es au monde, fait la couv des magazines et tout. Elle dit que ce n'est que le début. Bref c'est le moment qui veut redevenir politique genre "regardez comme le système est pourri, lui qui offre les meilleures places sociale aux rapaces sans morale".
Et puis y'a un coup de théâtre où la tutrice est assassinée dans la rue par le fils d'une des personnes âgées arnaquée (un perso qu'on voyait au début du film comme intro). Du coup en même temps c'est intéressant qu'elle soit tuée mais pas par le protagoniste qu'on attendait pour ça (et pas de façon épique avec une grande scène de bataille, ça arrive ultra vite), tho j'arrive pas à savoir ce que ça raconte, cette fin ?

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FrPol, Thérapies de Conversion (posi en demi-teinte) 

Le Sénat a voté en très large majorité pour l'interdiction des thérapies de conversion.

Les amendements transphobes ont tous été refusés.

Cependant, les amendements pour que cessent les mutilations sur les enfants intersexes ont été refusés également.

Donc..., demi succès quoi.

Je suis pas mal embêtée parce que tout le monde se réjouit à donf de cette demi victoire (c'est pas encore fini en plus) et de la gifle aux transphobes..., mais bah...., ouais un peu de solidarité avec les inters peut-être ? :meowShrug:
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FrPol, Transphobie 

J'ai la flemme de detailler.

Mais basiquement les personnes trans sont en passe de se faire exclure des articles de la proposition de Loi contre les Thérapies de Conversion.

Et ce notamment sous l'impulsion des TERF comme Dora Moutot, qui sont reçues par Schiappa, et qui leur donne toute son écoute et sa considération.

Les liens entre la droite / extrême droite et les TERF se révèlent parfaitement dans ce genre de manœuvres dans le but de faire front contre les personnes trans.
Les arguments de Dora Moutot exposé dans de longues tribunes transphobe (dont celle de Marianne) sont essentialisantes en faisant appel au 'fait biologique' (chromosomes, génitaux et rôles dans la procréation etc) et ça n'est pas sans rappeler les discours de LMPT où de Marion Maréchal Le Pen qui contre le Mariage pour Toustes avait lâché à propos des sexes que "La nature est peut-être fasciste mais la reproduction c'est bien un homme et une femme".

'fin bref.


En fait faut vraiment se faire au fait que les personnes trans ne seront jamais reconnues par les instances politiques peu ou prou semblables à celles que nous avons actuellement, où qu'on nous propose. C'est à dire des non-mixité choisies de cis blanc-hes qui n'ont strictement rien à foutre de nos existences.
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@lila_bliblu @meli_melo Rapport au sujet de la question que j'avais posé à la conf des Utopiale, Verilybitchie a sorti une super vidéo hier sur la "bonne" représentation

youtube.com/watch?v=_cR3b2Gblq

Pensées déprimantes (pol) 

En vrai je sais pas si c'est l'usure, mais on (moi la première) n'a pratiquement rien dit sur le refus définitif de la conjugaison entre l'AAH et les revenus du conjoint. Pourtant le sénat avait remit la proposition en ordre après le sabotage orchestré par Cluzel/LREM à l'AN, mais l'assemblée nationale a voté non, cette fois définitivement. Elle l'a fait alors que les yeux du public étaient tournés ailleurs (y compris ceux des personnes concernées : sur le discord de objectif autonomie la dernière fois on avait été plein à suivre les débats, mais là personne avait le courage de se remanger les mêmes arguments fallacieux une nouvelle fois. Plus personne y croyait). Elle l'a fait la veille de la journée mondiale du handicap (littéralement). Savourez l'ironie, des fois il reste que ça. Pis joyeuses fêtes de fin d'année hein >< ! Vous reprendrez bien un peu de téléthon ?
A côté de ça y'a Sciappa qui a reçu des transphobes au gouvernement, pour les écouter dire que les thérapies de conversion c'est ok de les faire subir aux personnes trans.
On a un gouvernement qui est affreux et j'arrive pas à penser au suivant parce que ça me terrifie de voir la bande de déchets fascistes qui préparent leurs candidatures pour les présidentielles.

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