Eva D Serves a partagé

Rappel : on ne peut pas faire appel au sens moral de ceux qui veulent avant et surtout le pouvoir. Iels sont prêt·es à tout.
Par contre, iels ne se priveront pas d’essayer de nous manipuler en jouant avec le nôtre.

Essayons de toujours penser stratégique.

youtube.com/watch?v=MAbab8aP4_

Eva D Serves a partagé

LREM et LR ne sont pas inquiet de la montée du RN, pour eux c'est plus simple de s'allier avec eux que de faire avec la gauche.

Quand comprendrez vous que ces gens sont des fachos dans l'âme ?

Eva D Serves a partagé

Aujourd'hui on parle thérapies de conversion avec @JadeWhirl

On jongle entre ton léger et trucs assez hardcore sans jamais faire dans la description inutile de trucs glauques

youtube.com/watch?v=1eoSpA_go0

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Ce soir, Doctriz est avec @Meor ! 💜🚀
Elle est trop contente, elle a trop hâte.
Elles vont parler de bouquins, de SF, de la librairie Les Mots à la Bouche, de littérature queer, du mois des fiertés... bref vous verrez bien 😉
C'est à 18h sur twitch.tv/doctriz (abonnez-vous)

J'ai fait ça evadserves.ovh/index.php/2022/
(y'a deux photos avec un masque en écorce, et un texte sur le coût émotionnel de l'espoir)

Avis 500 jour ensemble, long 

En vrai j'ai regardé le film "500 jours ensemble" l'autre jour et c'est pas ce a quoi je m'attendais. Dans le sens où on m'avait dit que c'était un cas d'école du troppe "Manic pixie dream girl" (où un gars tombe amoureuse d'une fille pétillante qui lui redonne le gout de vivre, mais ensuite quand il va mieux c'est avec une autre qu'il fait sa vie, quelqu'un de sérieux quoi) et en fait... je trouve pas ?
Dans le sens : ouais y a des trucs qui se rapprochent du troppe. En effet le gars tombe amoureux d'une fille, Summer, et à la fin ils sont séparés et il rencontre une autre meuf alors qu'il est sur le point de postuler à un job plus épanouissant que le précédent (son job révé d'architecte plutôt que fabriquant de carte de vœux cheesy). Sauf que si Summer a influencé son envie de changer de taf, c'est pas par son histoire d'amour : quand il était amoureux ça lui allait à fond d'écrire des mots d'amour prêt à l'emploi. Il a démissionné alors que sa relation avec Summer était en train de se distordre et qu'il était en pleine crise de nerfs post-rupture (et puis on sait même pas s'il va réussir à décrocher le nouveau poste, on sait pas s'il a évolué à part qu'il fait le deuil de la relation). Quant à Summer, certes elle disparait de la vie du héros en lui laissant l'opportunité de faire une autre rencontre (j'avais vu des analyses disant que l'autre meuf s'appelle Automne, ce qui s'inscrit dans une pseudo continuité avec une connotation "fini l'été, les vacances, le fun, début de la relation sérieuse like rentrée des classes"), mais y a pas ce truc qui sous-entendrait que Summer, en tant que manic pixie dream girl, n'est "pas le genre de fille qu'on épouse, seulement le genre qui aide à aller mieux" parce que... bah elle se marie. C'est elle qui trouve son happy end avec un autre alors que le héros a juste un date à venir.

À un moment, cette scène où une gamine explique au héros que "tu penses que Summer était ton âme sœur, mais je crois pas. C'est juste que tu te rappelle que des bonnes choses. Mais la prochaine fois que tu penses à elle, essaie d'y penser a deux fois". Et ensuite y'a une série de flashback qui montrent des scènes vues précédemment mais en insistant sur la partie où Summer était distante : une fois où elle n'a pas voulu tenir la main du héros, une fois où elle était trop fatiguée pour rester manger en ville, une fois où elle a voulu revoir un film triste au ciné plutôt que d'aller faire du cul avec le héros, ce qu'elle l'a annoncé sans un sourire, etc. Ça m'a choqué en vrai parce que pour moi c'est des scènes de la vie quotidienne : ma meuf et moi on est autiste/tdah alors des jours où on est trop fatiguées et où on le masque pas, bah ouais ça arrive tout le temps, et c'est absolument pas des signes que notre relation ne marche pas. Ce que ça prouve surtout, c'est que Summer échoue à être une manic pixie dream girl. Elle n'est pas cette fille gaie et délurée qui pousse lé héros à explorer la vie en lui donnant envie, par élan amoureux, de faire des choses. C'est une femme qui a une tristesse en elle que le héros ne prend jamais en considération, qui communique des désirs que le héros n'écoute jamais (dès le début elle dit qu'elle cherche juste un ami et pas une relation sérieuse), et elle pousse le héros à changer parce qu'elle est incapable d'incarner l'image de perfection qu'il projette sur elle et que ça le rend triste (pauvre bichon ><).

Ce film m'énerve parce qu'il est du point de vue du héros et que c'est un con (genre au début il demande à Summer "bien ton weekend" et il fait toute une scène à son pote parce qu'elle a répondu "oui super" et que pour lui ca veut dire qu'elle a passé le weekend avec un mec et que donc "c'est une pute, j'men fous"). La narration aussi est du point de vue du héros : spécial mention à cette phrase au tout début "il n'y a que deux types d'individus, les hommes et les femmes. Mais Summer n'était pas une fille comme les autres parce que...".
Mais je peux pas m'empêcher de vouloir interprèter les choses du point de vue de Summer. Et alors je me dis : ça parle d'une meuf, qui ptet se sent pas vraiment une meuf, qui a une relation avec un gars qui ne marche pas car elle n'arrive pas à se conformer à ses idéaux sexistes et normatif, elle n'arrive pas à être heureuse tout le temps et à avoir vraiment envie de s'engager avec lui, ni avec personne, parce qu'elle sent toujours que "quelque chose" ne pas pas (ce qu'elle met sur le compte du dovirse de ses parents). Et puis finalement elle rencontre une autre personne, que le film ne nous montre pas (à part une fois de dos) et soudain, ça la surprend elle-même, elle a envie de passer le reste de sa vie avec. Elle a trouvé quelqu'un qui l'écoute, qui la comprend, qui ne lui reproche pas d'être ce qu'elle est. J'sais pas je peux pas m'empêcher de penser que son mari c'est un mec trans nb neuroA qui unmask à fond et qui l'autorise elle à faire aussi tomber son masque.

Bref voilà, y'a qqch dans le creux de ce film, mais que le film n'explore pas (et c'est grave dommage parce que du coup : nan c'était pas Manic pixie dream girl troppe, mais c'était pas bien pour autant xD)

J'vais repartager ce texte parce que j'en pense chaque mot (voyez ça comme une sorte d'énième coming out... ou de coming in : c'est pas le tout de sortir du placard, ensuite, il faut trouver un vrai endroit où habiter, où vivre. Et ça commence peut-être par avoir les bons mots, pour ouvrir les bonnes portes)

evadserves.ovh/index.php/2022/

"Je crois qu’il nous faut la poésie. Et je ne parle pas d’alexandrin. Je parle d’une expression particulière dans les interstices, des détails invisibles qui font que, d’une manière ou d’une autre, on se reconnait. Nous et nos genres bizarres, nos amours indéfinis et nos sensibilités (neuro)divergentes.

J’ai envie de ce mot : Nébulaire.

Dire « je suis nébulaire » et ouvrir des portes, se demander ce que l’on pourrait construire, ensemble, en partant de la plus petite échelle : toi et moi."

Hier j'ai fini de lire "Unmasking autism" de Devon Price et ça m'a fait du bien.
D'abord parce que c'est un livre important, politiquement parlant : on a besoin de livres qui montrent la réalité sociologique de l'autisme, ce qui nous pousse à masquer, particulièrement quand on est minorisé.es (notamment queer ou racisé.es, il n'y a pas que les femmesTM qui auraient un "autisme féminin"), ce que l'on gagnerait à ne plus avoir à le faire.
(En fait j'ai même écrit un article pour résumer tout cet aspect là, mais je sais pas si j'ai le droit de le publier niveau respect des DA : certes je cite moins de 10% du texte, mais je résume 100% des idées donc...)

Aussi parce que y a plein de passages qui s'adressent à nous à un niveau perso, qui nous aident à nous reconnecter à nous. On a tellement intégré qu'on était indignes d'être aimé.es que l'on a besoin de ça : qu'on nous guide pour trouver les qualités derrière les défauts que l'on nous reproche d'avoir, qu'on nous rappelle qu'on n'est pas des monstres sous nos masques, qu'on peut être fier.es de ce que l'on est (pas juste malgré mais aussi grâce à notre autisme/nos neurodivergences)
Il y a des exercices pour nous aider à trouver quelles sont nos valeurs (les notres, pas celles que l'on s'efforce d'incarner pour faire plaisir aux normes NT), ce à quoi on aspire, ce que l'on veut construire, comment et avec qui.

J'avais besoin de ça.

Et j'aimerais tellement que ce livre soit traduit (j'ai traduit l'intro en vrai, mais j'ai pas les droits pour la partager)

Btw : je l'ai pas fait parce que j'étais aux imaginales et tout, mais demandez-moi si vous voulez un "too long, didn't read" de mon article sur santé et validisme en SFFF ;p
evadserves.ovh/index.php/2022/

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Ok, j'ai écrit ça, sur le besoin de mot qui disent ma façon d'être queer (d'envisager l'amour, la sexualité, le genre, la vie) autrement qu'en rapport de la norme. Dire ce a quoi on aspire

evadserves.ovh/index.php/2022/

(Pour une fois, c'est assez court ;p)

NB : Toutes les parties peuvent être lues indépendamment. Et pour un "too long didn't read", vous pouvez lire uniquement la conclusion (qui commence par un court résumé du reste).

Comme d'habitude, j'ai fait en sorte que ce soit facile de naviguer entre les parties grâce au sommaire (et y'a un mini résumé d'une phrase de chaque roman/nouvelle/essai en biblio au cas où vous avez besoin de resituer les textes dont je parle)

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Hello !
un peu en retard : j'ai lu "Une femme au bord du temps" de Marge Piercy et c'est un chef d'oeuvre.
Du coup, je me suis lancé dans cet article que je veux écrire depuis longtemps sur la santé (et le validisme) dans la SF.
J'y parle donc d'une femme au bord du temps, mais aussi de plusieurs anthologies (dont "demain la santé", "en situation de handicap... dans le futur", "histoires de médecins" et "(pro)création") ainsi que de plusieurs autres romans (dont L'école des soignante ou lecture facile, pour n'en citer que deux).

Vous connaissez la chanson : c'est long, mais promis, ça vaut la peine !
evadserves.ovh/index.php/2022/

Oh j'ai oublié de partager !!
Cette année comme l'an passé, on (c'est à dire fantastiqueer x Oasis Nadrama) organise un pique-nique le samedi des imaginales o/
On a même fait un épique visuel et tout ;p

Ce sera donc le samedi 21 mai dès 13h, derrière la tente de l'accueil (à proximité de la bulle du livre). Toutes les infos sont dispos sur cette publication insta (y'a un texte pour présenter l'évènement) : instagram.com/p/CdVz_ftK8z0/?u

Hésitez pas à venir faire un tour !!
(poke @gabylc @Cmdeiana)

re: Also je vous partage le texte qui accompagne 3/3 

Je n’ai pas été assigné·e ange à la naissance. Je vous blesserai un jour, pour d’innombrables raisons que je ne peux pas prévoir. Parce que je n’ai pas la totalité de mon mode d’emploi sous la main, et que j’aurai des réactions que je ne comprendrai même pas moi-même, sur le moment.
Parce que j’ai tout un tas de biais et de schémas mentaux que je n’aurai jamais fini de déconstruire. Parce que je suis humaine, en somme.

Alors je sais pas ce que ça vaut, comme texte écrit dans le train, mais non : je n’ai pas été assigné·e ange à la naissance.

Et by the way : vous non plus.

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re: Also je vous partage le texte qui accompagne 2/3 

Je n’ai pas été assigné·e ange à la naissance. Je suis aussi bien que tout le monde capable de blesser.
Je crois que d’une certaine manière, nos actions comptent moins que nos remises en question. On dit souvent que les intentions sont vaines, et c’est vrai : vouloir bien faire ne nous empêchera pas de merder. Mais à partir du moment où on accepte qu’on va toustes échouer dans notre quête perpétuelle de la bonté absolue, il faut apprendre à gérer l’après.

Je trouve catastrophique qu’on ne soit pas éduqué·es à demander pardon, ou alors seulement quand une autorité nous y force. Le pardon comme soumission, comme marque indélébile de notre grande faute, comme preuve que l’on mérite une punition. Mais pas pardon sincère, qui témoigne de notre compréhension de nos erreurs et de notre volonté de ne pas les reproduire, premier pas vers une réconciliation potentielle (ou vers de nouveaux départs auprès d’autres personnes, celles qu’on n’a pas blessées personnellement et qui n’ont donc rien à nous pardonner).

Je préfère les gens qui savent se regarder dans un miroir (métaphorique) même quand iels n’aiment pas tout de leur reflet. J’aime les gens qui savent leurs biais, leurs erreurs et maladresses, leurs défauts, leurs
remords et regrets. Les gens qui doutent, qui se questionnent, qui savent que l’on arrive jamais au bout du chemin. Il ne s’agit pas de revendiquer ses tares, ni de les cacher, ni de se flageller comme si ça pouvait changer quoi que ce soit, juste de les observer assez pour apprendre à les contourner. Ensemble.

Mes ami.es ne sont pas des gens avec lesquels il n’y a jamais eu le moindre accroc : ce sont ceusses
avec lesquels j’ai pu me disputer, débattre, communiquer, me réconcilier. Ceusses avec qui je n’ai pas à me retenir d’être moi car je sais qu’iels me le diront, si je dépasse les bornes, et que réciproquement iels prêteront oreille si j’ai des remarques à faire. Ceusses en somme que je n’ai pas peur de perdre car je sais qu’on peut se frotter sans se déchirer.

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Also je vous partage le texte qui accompagne 1/3 

Je n’ai pas été assigné·e ange à la naissance. Il n’existe aucune condition innée qui me protège de la bêtise et de la vilénie. Je refuse d’en inventer une. Je crois que le doute est essentiel, qu’on se doit de se tenir sur le bord du gouffre et de contempler combien il nous serrait facile de glisser.
La vérité, c’est qu’on a toustes des privilèges qui nous créent des angles morts. On a tous nos spécificités aussi, mais être une victime ne nous empêche pas de jouer les bourreaux à notre tour. Il arrive même que ce soit en tant que victime que l’on devienne violent·es. Car tout s’instrumentalise, y compris nos propres échecs. Je sais que ce serait facile pour moi de me cacher derrière des assignations. Dire que j’ai été assigné·e femme et qu’en tant que tel.le on m’a éduqué·e à m’écraser, qu’il m’est sociologiquement « impossible » d’exercer une domination quelconque. Je pourrais pleurer mes larmes blanches pour me dédouaner de tout, parce qu’on défendrait la créature « innocente » (mais émancipé·e, admirez-moi) que je prétendrais être. Je pourrais ajouter que je suis autiste, que par ce prisme de la neuroatypie je sais à quoi ressemble le croisement d’oppressions. Je pourrais dire que je sais : Or comment pourrais-je nuire en sachant ce que j’inflige à autrui ?

Mais je ne dis pas « je suis non-binaire » pour m’auto-réassigner au féminin dès que ça m’arrange. Et puis je sais bien que ces discours-là mènent à la transmysoginie : à toujours vouloir ramener les gens à leur genre assigné, ce sont les meufs trans que l’on finit par scruter, les personnes transfems, non-binaires assigné·es garçon, toutes les personnes qui ne peuvent pas se cacher derrière leur (supposée) innocence passée pour cacher leurs tares présentes.

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J'ai (enfin) posté ma série "not assigned angel at birth" sur insta, du coup j'ai ajouté une section "galerie" sur mon site, héhé evadserves.ovh/index.php/galer

(nb : si vous avez instagram y'a des photos en plus instagram.com/evadserves/)

La semaine dernière c'était les vacances en Rhône-Alpes jusqu'aux intergalactiques (j'ai déjà du le dire mais : meilleur salon, meilleurs gens, je suis décédé·e de fatigue mais je vous aime trop) et j'en ai profité pour aller au cinéma avec ma mère.
On a vu "En corps" (m.youtube.com/watch?v=WMqIkiI6) et c'était trop bien. C'est un film qui parle de danse, mais contrairement à d'autres long-métrages sur ce thème y'a pas le côté cliché "oh la la tu pratiques tel type de danse du coup quand tu découvres une autre danse tu tombes des nues parce que t'avais jamais entendu parler du hip hop avant" qui me semble complètement absurde. Bien sûr que les différentes types de danses communiquent, c'est pas la révolution de faire des passerelles, c'est la vie. Bref vous le savez probablement pas mais j'adore regarder des documentaires sur les écoles de danse (et de gym), c'est le côté "personnes vraiment passionnées qui donnent tout pour arriver à exécuter parfaitement un geste qui, tout codé qu'il soit, reste un geste artistique dans lequel il faut mettre de soi" qui me fascine. J'ai la même passion (en terme d'intensité) pour l'écriture, mais la danse c'est la danse y'a vraiment ce côté "autre langage" qui crée un décalage par rapport à la pratique de ma propre passion : à la fois y'a un côté un peu "universel" (au sens corporel) et à la fois c'est étranger à moi (le corps t'sais, c'est compliqué). Et bref dans ce film on retrouve de ça, j'ai vraiment eu l'impression d'être plongé·e dans l'univers de la danse (et puis l'actrice principale est elle-même danseuse à l'opéra de Paris, je pense que ça joue, parce qu'on a des vraies scènes de danse, classique puis contemporaine, et c'est magnifiquement filmé).
Bref je recommande !!

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Nous présenterons en juin le travail de la Résille au colloque CinéDesign 3 : Conversation Piece, Chapitre 2 — Family Matters à Toulouse !

Voici le programme : cinema-design.fr/programme-fam

Fr pol - long 

La situation est absolument terrifiante.
Le truc c'est que actuellement, y a énormément de personnes à gauche qui veulent s'abstenir/vote blanc au second tour. Ca représente environ 50% des gens ayant voté Melanchon au 1er tour : ma mère m'avait donné cette stat et y a décolonisonsnous (sur insta) qui a fait un sondage parmis ses abonné.es qui donne le même résultat (avec en plus le partage des raisons données par les gens de leur choix, c'est dans les story épinglées si vous voulez voir de vous-même).

Or donc, y a trois options :
1. Les gens qui pensent voter LePen, pour des raisons qui vont de "ben moi je suis blanche et j'ai une famille à nourrir et je pense pas y arriver sous Macron donc je sais que ce sera un enfer pour les personnes racisées mais je dois faire passer mes priorités en premier" (je vais même pas commenter) à "j'ai conscience qu'elle est pire que Macron mais comme ça on va plus vite toucher le fond et on pourra que remonter" (ce qui est un raisonnement complètement con. I mean on croyait aussi que la pandémie permettrait aux gens de se rendre compte que la santé est importante et que les gens travaillent mieux quand ils sont pas sous la pression d'un manager, mais nan. Pis en vrai les avancées sociales ont plus de chances d'arriver si les gens ont la force de les porter car pas trop occupés a juste survivre. Me semble que la révolution française c'était pas "la monarchie était devenu si terrible que la révolution est devenue la seule issue" c'était "les bourgeois ont gagné assez d'importance pour constituer un contre-pouvoir". Sans compter que même dans les cas où les regimes dictatoriaux/fascistes ne durent "que" qq années, ils font quand même des milliers de victimes. Tant mieux pour vous si vous pensez en réchapper), en passant par les "je suis tellement trauma des années Macron que je veux le punir / je me dis que ça peux pas être pire" (on y revient)

2. Les gens qui pensent s'abstenir ou voter blanc parce que ça leur ferait trop mal au cul de voter Macron après ces 5 derniers années. Dans cette catégorie y a des arguments qui ressemblent à ceux de plus haut : "Macron est déja facho alors à quoi bon ?". Je vois passer plein de gens qui disent "arrêtez de dire que voter Macron c'est faire barrage à l'extrême droite parce qu'il est déja d'extrême droite, et vous ridiculisez nos souffrances en le reconnaissant pas". Et pour vrai, je suis pas franchement sûr que ce soit le bon moment pour un débat rhétorique. Moi j'ai tendance a dire "fachisant" plutôt que "facho" pour qualifier Macron parce que Lepen et Zemmour sont pire. Mais soit : Macron est fachiste. Reste que Lepen est pire (ne serait-ce que parce qu'elle l'assume, par son héritage, par le symbole. Mais pas que. En tous points elle va un cran plus loin que ce que l'on reproche déjà à Macron)

3. Les gens (dont je fais clairement partie) qui comptent voter Macron parce que Lepen est pire et que au bout d'un moment le seul "choix" qu'il nous reste c'est le moindre mal. Alors clairement, ce sera pas de gaité de cœur, mais vraiment si Lepen est élue j'ai trop de proches qui envisagent de quitter le pays... sans en avoir vraiment les moyens. I mean pour aller où ? Par ex y'en a qui vivent grace à l'aah et on la touche plus si on vit a l'étranger, ce qui les condamnerait a vivre sans revenu du tout (pis je connais pas bcp de pays qui acceptent les immigrés qui s'insèrent pas dans le monde du travail)

Le truc voyez, c'est que jusqu'à un certain point je comprends qu'on ait pas envie de donner sa voie à Macron (pour vrai si y avait eu un 2e tour entre Lepen et Zemmour je sais pas ce que j'aurais fait, même si je suis persuadé que dans l'échelle de l'horreur Zemmour est quand même un cran au dessus). Sauf que mathématiquement, vu le nombre de personnes a gauche qui annoncent vouloir s'abstenir, j'ai peur que l'abstention devienne un vote passif pour Lepen.
Quand on additionne les voies de Lepen/Zemmour/Dupont-aignan au 1er tour on obtient 23.1+7.1+2.1=32.3% (ça c'est le score minimal, sachant que je sais pas quelle proportion de gens peuvent voter pour elle contre Macron au 2nd tour)
Si on additionne les voies du premier tour pour Macron avec 50% des voies de la gauche (en incluant aussi les Hidalgo and co) obtient 27.8+(20+4.6+1.8+0.8.0.6)/2=41.7%
Alors certes, dans ces calculs Macron est toujours en tête, mais pas de beaucoup et je n'ai vraiment, vraiment pas envie que Lepen ait la moindre chance de passer. Le fait même que la possibilité soit envisageable (que je la calcule) est terrifiant.

Alors oui : je voterais Macron au 2nd tour, parce que je crois vraiment qu'il faut sauver ce qui peut l'être, même si ça a l'air infinitésimal et même si on en a tous marre des votes barrages qui ne nous représentent absolument pas.
(Et allez bien au diable si vous avez ne serait-ce qu'envisagé de voter Lepen, cordialement)

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